Lors d’une évaluation, un conflit ou un désaccord ne sont pas nécessairement négatifs, au contraire. C’est souvent à la suite d’une divergence d’opinion, lorsque les deux parties collaborent à la recherche d’une solution, que l’on découvre les meilleures idées. |
Ce qui nous démotive et nous entrave, ce sont plutôt les conflits parasites, superflus, provoqués par un mot malheureux ou une intonation inappropriée. Voici quelques-uns de ces sabotages verbaux qui peuvent faire déraper un entretien d’évaluation, même involontairement.
Les commentaires dirigés sur la personne
Il est parfaitement légitime de parler des événements passés au moment de l’évaluation des performances, mais il est désastreux de se servir des erreurs de l’employé pour lui clouer le bec. Evitez, en particulier, ce genre de commentaire inutile.
- Ca vous l’avez déjà essayé et vous vous êtes planté, il faudrait vous renouveler.
- Voilà des années que vous me rendez vos rapports en retard.
- Ce coup là, ce n’est pas la première fois que vous essayez de me le faire.
- Si j’avais touché un euro chaque fois que vous vous êtes planté, je pourrais prendre ma retraite à l’heure qu’il est !
Les sous-entendus culpabilisants
Certains managers se figurent qu’en provoquant un sentiment de culpabilité chez leurs collaborateurs, ils les motiveront à travailler davantage. C’est un mauvais calcul très vite perçu comme une manipulation. Evitez à tout prix les sorties du style :
- Si vous vous sentiez un minimum concerné par le travail de cette équipe, vous feriez un petit effort.
- On dirait que vous avez juré de saboter ce projet.
- Vous n’avez pas l’air de tenir beaucoup à votre mission.
- Je me demande si vous vous rendez bien compte de tout ce que je fais pour vous (ou « de la chance que vous avez »)…
Les remarques borderline
Les critiques et les remarques acerbes provoquent des conflits lorsqu’ils visent la personne au lieu de traiter un dysfonctionnement. Peu importe si l’agressivité est fondée ou non, elle est destructrice. Tenez-vous en toujours aux vrais problèmes.
Exemples à proscrire :
- Si vous m’écoutiez un peu !
- Vous ne savez pas de quoi vous parlez.
- Qu’est-ce qui vous autorise à dire que…
- Est-ce que vous l’avez seulement lu, ce rapport ?
Les propos faussement rassurants, les formules creuses et l’optimisme mal placé
Les propos parasites ne sont pas nécessairement des remarques négatives ; ils peuvent même partir d’une bonne intention. Lorsque le manager s’efforce de rassurer un employé en lui garantissant qu’il viendra à bout de telle ou telle difficulté, cette tentative peut s’avérer infructueuse, voire nocive, s’il néglige de lui dire comment il pourra surmonter l’obstacle et en quoi il s’engage à lui prêter main forte. Voici quelques formules d’encouragement qui sonnent souvent creux.
- Je suis sûr que vous allez me faire ça impeccablement.
- Pour l’instant vous avez peut-être l’impression de ne pas savoir comment vous y prendre, mais je vous connais, vous finirez bien par trouver un truc.
- La période est vraiment difficile mais je vous fais confiance vous allez vous en sortir.
- Je sais que vous êtes en retard sur ce projet mais je suis sûr que vous trouverez le moyen de le terminer dans les temps.
Les questions agressives
Les questions sont évidemment nécessaires pour faire participer votre interlocuteur. Mais il y a question et question. Evitez de préférence celles qui risquent de « casser » votre collaborateur.
- Qu’est-ce qui vous permet de dire une chose pareille ?
- Vous pourriez développer un peu cette position ?
- Comment diable en êtes-vous arrivé à cette conclusion.
Les remarques suggérant la méfiance
Dans un effort maladroit pour encourager leurs employés à tenir leurs engagements, certains managers peuvent s’avérer blessants en mettant en doute les capacités de leur interlocuteur. N’exprimez jamais le moindre doute quant aux capacités de vos employés. Tâchez plutôt de les amener sur des positions plus réalistes.
A proscrire donc :
- Vous êtes sûr de pouvoir être prêt à temps ?
- Je peux vraiment compter sur vous ?
- Ce ne serait pas la première fois que vous me le promettez.
Les exagérations : toujours, jamais, à chaque fois…
L’exagération affaiblit vos propos. Elle gonfle votre message et les employés se sentent agressés par cette attaque perçue comme déloyale. Faites des remarques précises et étayées, toujours orientées solutions. Par exemple : Gunther, c’est la troisième fois que vous me rendez un projet en retard. J’aimerais voir avec vous où se situe le problème et ce que nous pouvons faire pour y remédier.
Source : « Améliorer les performances de son équipe » , Robert Bacal, Editions Maxima |
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