| L’aboutissement des jeux est prévisible.
Suite à un jeu les protagonistes se disent
intérieurement, « j’en étais
sûr », « je le sentais bien…
», « je l’ai pourtant vu venir
», L’entourage attentif a aussi intuitivement
conscience de ce qui va se produire dès
les premiers mouvements des partenaires. Certains
se diront peut-être « les voilà
qui repartent pour un tour », « ils
n’ont que ça à faire »…
Les jeux sont répétitifs
Dans certaines entreprises, les jeux sont tellement
répétitifs, à tant de niveaux
hiérarchiques, qu’ils sont devenus
des rituels réguliers et prévisibles
qui ne surprennent plus personne. Lorsqu’à
terme, les rôles des uns et des autres sont
prévisibles, lorsque leurs positions sont
affichées, chacun sait comment et avec
qui interagir avec un maximum de prévisibilité.
Les jeux finissent mal, souvent par un coup de
théâtre. C’est ce qui est appelé
le bénéfice négatif final.
Pour tous les protagonistes, la fin d’un
jeu est marqué par un sentiment négatif
lancinant, avec des sensations de tension et d’inconfort.
Ce sentiment négatif peut rester plusieurs
heures comme un résidu. Il est souvent
accompagné de tensions telles que «
j’aurai dû lui dire… »
ou « à partir de maintenant il n’a
qu’à bien se tenir ». Ce sentiment
négatif est réciproque dans la mesure
ou tous les partenaires d’un jeu le partagent.
Ce phénomène est sans doute à
la base des cycles de vengeance sans fin ou des
vendettas familiales interminables où tous
les protagonistes baignent dans une même
énergie collective et négative qui
s’auto-alimente, quelques fois pendant des
générations.
Les jeux sont rarement joués consciemment.
Les mêmes stratégies de jeu sont
inlassablement reproduites par les mêmes
personnes mais chacune d’elle semble ne
pas en être consciente ni les reconnaître.
En vérité les joueurs sont souvent
malheureux de constater qu’ils n’arrivent
pas à échapper à ces stratégies
d’échec et de douleur dont ils ne
prennent conscience que faiblement et trop tardivement.
Comment désamorcer un jeu ?
Aucune recette toute faite ne vous permettra
de sortir d’une stratégie de manipulation.
Utilisez plutôt votre bon sens, votre intuition
et votre humour. Si vous vous sentez embarqué
dans une spirale de mauvaise foi, n’hésitez
pas à couper court en disant simplement
« Arrêtons de jouer : quel est le
(vrai) problème et comment le traiter».
Si quelqu’un tente de drainer votre énergie
façon persécuteur : prenez le contre-pied
et traitez-le comme un sauveteur : « J’apprécie
beaucoup votre franchise et j’aimerais bénéficier
de votre expérience pour résoudre
le problème que vous soulevez… ».
Au cas où vous êtes happé
par une victime professionnelle, évitez
de jouer les sauveteurs en endossant des responsabilités
et des problèmes qui ne sont pas les vôtres.
Autrement dit : ne gardez pas la patate chaude
en main. Si vous voulez vraiment aider l’être
démuni qui s’adresse à vous,
ne faites pas plus de 50% du boulot.
Comment cesser
de jouer ?
Si vous voulez sortir de l’engrenage
pesant de certains jeux de manipulation
auxquels vous avez l’impression de
participer, posez-vous les questions suivantes
:
- A quel jeu de pouvoir ou de dupe ai-je
l’habitude de participer ?
- Quel est mon objectif caché
?
- Quels en sont les avantages divers
?
- Quels sont mes rôles et dans
quels circonstances suis-je amené
à les jouer ?
- Quelle responsabilité voulais-je
assumer ou fuir ? Pourquoi ?
- Quel est le bouc émissaire éventuel
des jeux auxquels je participe ? Quel
rôle joue t-il et pourquoi ?
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Bibliographie
« Jeux de manipulation : petit traité
des stratégies d’échec qui
paralysent nos organisations », Alain cardon,
Les Editions d’Organisation
« Des jeux et des hommes », Eric Berne,
Seuil
« Faites vous-même votre malheur »,
Paul Watzlawick, Seuil
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