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Demande de catalogue

« Comment voulez-vous que je me concentre ! »

 
31% des employés européens estiment être distraits dans leur travail par les communications professionnelles. C'est ce que révèle une étude réalisée auprès de 500 grandes entreprises internationales. Une réalité que nous éprouvons tous plus ou moins consciemment et que nous avons tendance à considérer comme une fatalité.

Ce phénomène, banal en apparence, a pourtant de lourdes conséquences sur la qualité même de nos activités. « Les journées hachées menu, les coups de téléphone, les rendez-vous, la lecture rapide des documents, ne laissent aucun temps ni, ce qui est pire, aucune énergie pour l’effort qu’exige la mise en ordre des idées. On acquiert l’habitude de réagir à un propos, à une note, à une attitude, à un événement. On perd celle de réfléchir, d’insérer dans un ensemble le fait qui a déclenché le réflexe. On glisse de plus en plus rapidement, de plus en plus adroitement, à la surface des choses. On ne raye même plus la glace. Et puis un jour, devant un trou imprévu dans l’horaire, on se découvre incapable d’utiliser ce vide et on prend conscience du sien».

Jeter ou ne pas jeter, telle est la question
Avoir trop d’informations peut être aussi dangereux que d’en avoir trop peu
La grande majorité des patrons et cadres supérieurs des entreprises se déclarent submergée, incapable d’engloutir la masse des données qui lui arrive par la presse, les boîtes vocales, télécopieurs, et les courriers électroniques. Certains reçoivent entre 150 et 300 messages électroniques par jour ! Faute d’avoir trouvé les parades ou de disposer de collaborateurs qui prendront la corvée à leur place, nombre d’entre eux passent de 3 à 5 heures par jour à gérer leur messagerie. Un cadre reçoit dix fois plus d’informations qu’il y a 15 ans. D’où la nécessité d’assimiler plus vite ces informations. Le travailleur de bureau est constamment pris dans un dilemme. Il doit jeter ce qui s’accumule sur son bureau, vivant reproche de son retard et de son inefficacité. Mais il hésite à jeter, car l’acte, s’il est salvateur, peut être aussi périlleux.

Trop d’informations nuit à l’information
Face à ce déluge électronique, les utilisateurs ont du mal à différencier l’essentiel et l’accessoire. Ils stressent. On ne sait pas toujours saisir l’essentiel, on finit par ne plus rien savoir du tout. Plutôt que de stress, le docteur David Lewis, préfère parler d’Information Fatigue Syndrome et déclare : « Avoir trop d’informations peut être aussi dangereux que d’en avoir trop peu. Cela peut paralyser les dirigeants dans leurs analyses, augmenter leur difficulté à trouver les bonnes solutions ou à prendre les bonnes décisions ».Il va falloir apprendre à passer d’une logique de surproduction à une logique de consommation intelligente de l’information.

Occuper le terrain à tout prix
Progressivement, le cadre devient submergé par ce qu’il pourrait faire et par ce qu’il doit faire. L’idéologie de la maîtrise conduit à vouloir dominer et contrôler le temps, ce qui aboutit au paradoxe que plus un cadre se situe en haut de l’échelle hiérarchique de l’entreprise, plus il a de pouvoir, et moins il dispose de son temps. Ces comportements représentent le prix à payer des modèles hiérarchiques par ailleurs très attachés au présentéisme : ils consistent pour le chef à se montrer omniprésent et pour les salariés à faire en sorte de surencombrer le temps de leur supérieur. Cette passivité se traduit par 4 types d’attitudes : ne rien faire en pensant que les choses s’arrangeront d’elles-mêmes ; se suradapter en calquant ses actes sur les attentes supposées des autres ; s’agiter, remuer ciel et terre plutôt que de réellement résoudre le problème ; se rendre incapable de résoudre le problème par (auto)agression. Autrement dit : éviter à tout prix de penser et d’agir par soi-même, faute de temps et par excès de stress…

Portrait robot d’un « zappeur » professionnel

« Il n’a plus de discipline personnelle, on ne sait pas s’il rentrera chez lui ce soir et à quelle heure. Invité, on ne sait s’il vient ou s’il faut commencer sans lui. Si vous déjeunez avec lui, vous le voyez toujours regarder ailleurs, comme si vous étiez invisible. Que passe un personnage de quelque intérêt, tout relatif , le voilà vibrionnant, s’excusant de vous laisser deux minutes qui deviennent 10, puis 20. Vous sortez, il n’est plus avec le personnage. Où est-il ? il vous le dira demain, en s’excusant au téléphone, larmoyant, désolé : il vous avait oublié ! c’est un bourreau de travail, mais tout le monde l’attend. L’avoir à l’heure est tout aussi hasardeux que de l’avoir tout court. Bien sûr il est malade, il le dit, mais le médecin l’attend, comme vous !Eclatée, sa trajectoire est aussi erratique que sa vie, laissant mille malheureux sur sa route. Branché sur les réseaux électroniques, l’homme stochastique est vidé de son sens, soumis aux pures sensations de l’immédiateté, qui lui sert désormais de stimulus artificiel dont il a du mal à se passe. Ses sens sont surstimulés, son esprit survolté, son langage haché, comme ses phrases qu’il ne finit jamais : il surfe. Il manipule toujours un objet quelconque et se plaint de manquer de temps et de collaborateurs compétents. C’est un homme probabiliste.»

Sources :
« Le Syndrome de Chronos », D. Ettighoffer et G. Blanc, Dunod.
« Technos mordus, technos exclus », Yves Lasfargue, Editions d’Organisation.
Management n°54
« L’art du temps », Jean-Louis Servan-Schreiber, Fayard.
http://www.webcommittee.com
http://www.eurotechnopolis.org

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