L’entreprise veut recruter les meilleurs
et c’est ce désir qui s’exprime
parfois au travers de demandes irréalistes.
La nouveauté permet tous les espoirs. Il
est peut-être temps de remettre de l’ordre
dans les « fantasmes de l’entreprise
» et d’appliquer une démarche
plus pragmatique. Une définition de poste
précise et une juste évaluation
de sa complexité constituent un travail
de base indispensable. L’objectif de ce
travail est double : décrire le poste mais
aussi le vendre. Trop scrupuleusement modeste,
le cahier des charges n’aidera guère
à convaincre le candidat. Trop «
arrangé », il entraînera tout
le monde vers des malentendus qui coûteront
d’autant plus chers qu’ils se dissiperont
tard. Il s’agit d’expliquer le poste,
de le replacer dans son environnement (entreprise
et marché), en étant précis
et vendeur mais pas menteur.
Qui doit parler lors de l’entretien
d’embauche ?
La réponse paraît évidente
et pourtant nombre de recruteurs monopolisent
dès le départ la parole pour parler
de leur entreprise ou donner une description précise
des qualités requises pour le poste à
pourvoir. En donnant toutes ces informations,
vous courez le risque de voir l’interviewé
se calquer sur vos exigences et se présenter,
comme par enchantement, sous les traits de la
personne idéale. Dites ce que vous avez
à dire sur la nature du poste et les particularités
de l’entreprise mais ne vous étendez
pas.
70% d’écoute et 30% de parole
Quand votre interlocuteur a pris la parole, évitez
de lui en laisser le monopole et ne prenez pas
pour argent comptant ce qu’il vous dit.
Intervenez et faites préciser : «
On a diminué les retards de livraison de
moitié… - Ah ! Réellement
? En combien de temps ? En faisant quoi ? Quels
étaient les chiffres ? A ce moment de l’entretien,
faites mentalement un point de la situation :
quels thèmes restent à aborder ?
Quels points contrôler ? Un entretien n’a
rien d’une promenade. Demandez-vous régulièrement
: dans une demi-heure, dans un quart d’heure,
aurai-je tous les éléments pour
décider ?Rappelez-vous également
que l’échange ne doit jamais être
à sens unique. L’autre aussi a des
questions à vous poser et elles peuvent
vous en apprendre autant que ses réponses.
Prenez des notes
Les derniers candidats à être reçus
sont ceux qui ont le plus de chance d’être
engagés. Si vous n’avez rien mis
sur papier, vous risquez en effet d’oublier
les impressions laissées par vos premiers
interlocuteurs. Une prise de note détaillée
lors de chaque interview vous permettra de retrouver
les sensations ressenties au cours des précédents
entretiens.
Comment conclure ?
Surtout ne décidez rien à chaud.
Indiquez que vous avez d’autres candidats
à voir mais donnez une date de réponse
aussi précise que possible. Soyez diplomate,
mais pas trop. Comme le suggère cet ancien
Président d’une grande banque : «
on craint souvent de blesser en parlant vrai.
On blesse de façon moins guérissable
par le prétexte et les ménagements
derrière quoi pointe toujours le dédain.
Mais il faut parler vrai avec chaleur et qu’elle
ne soit pas empruntée ».
A chacun son périmètre
Pour sélectionner le bon candidat, mieux
vaut tenir compte des domaines de prédilection
du PDG. S’il est commercial dans l’âme
mais a besoin d’être assisté
dans ce domaine, inutile de recruter un directeur
pour cette fonction, il serait frustré
par les interventions de son patron. L’embauche
d’un directeur des ventes (chargé
de l’animation des commerciaux sur le terrain)
suffira. Idem pour un responsable de PME féru
de ressources humaines, mieux vaut engager quelqu’un
qui le déchargera des tâches administratives
de gestion du personnel qu’un DRH stricto
sensu.
| 20 questions
pour un profil
1. Présentation de l’entreprise
: produits, chiffres, concurrence ?
2. Titre du poste ?
3. Rattachement ?
4. Responsabilités et missions ?
5. Difficultés du poste et obstacles
prévisibles ?
6. Salaire ?
7. Evolution possible ?
8. Déplacements (en pourcentage)
?
9. Opportunités de formation continue
?
10. Localisation ?
11. Compétences techniques ?
12. Compétences linguistiques ?
13. Niveau culturel et diplômes ?
14. Type d’homme : personnalité
?
15. Culture d’entreprise ?
16. Profils de la réussite dans votre
entreprise ?
17. Personnalité du supérieur
hiérarchique ?
18. Collaborateurs à manager ? Combien
? Leur personnalité ?
19. Fonctionnement des équipes ?
20. Où se trouve le candidat idéal
actuellement ? |
Sources :
« Recruter n’est pas jouer »,
Charles-Henri Dumon, Editions d’Organisation.
Management n°12, 31, 52
L’Entreprise n°155, 168
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