Nous sommes programmés pour avoir
peur !
Chacun d'entre nous porte en lui une culture acquise
depuis l’enfance. Il s’agit d’un
mode de pensée, de sentiment et d'action
forgé par notre environnement familial et
social. Cette "programmation mentale",
généralement inconsciente, conditionne
notamment notre besoin ou non de contrôler
l’incertitude.
Ce besoin de contrôle fait référence
à la manière dont les membres d'une
société abordent le risque. Certaines
cultures favorisent la prise de risque, d'autres
son évitement
Geert Hofstede a ainsi observé que dans les
sociétés à faible contrôle
de l’incertitude, les individus ont une tendance
naturelle à se sentir en sécurité
relative. Par contre, dans les sociétés
à fort contrôle de l’incertitude,
en Belgique par exemple, les individus sont élevés
à chercher à vaincre l’avenir,
la population présente un plus haut degré
d’anxiété qui se manifeste par
une plus grande nervosité, une émotivité
et une agressivité plus forte.
Parmi les pays avec un contrôle élevé
de l’incertitude : les pays de culture latine,
aussi bien d’Europe (France, Belgique, Italie,
Espagne) que d’Amérique (Mexique, Colombie,
Venezuela, Pérou, Chili, Argentine), le Japon.
Parmi les pays avec un contrôle faible de
l’incertitude : les pays scandinaves et anglo-saxons,
le Sud-Est asiatique, les pays en voie de développement,
comme l’Inde et les pays africains.
Les pays angoissés par l’avenir sont
ceux qui pratiquent des religions insistant sur
des certitudes absolues.
Les pays qui acceptent davantage l’incertitude
de l’avenir sont aussi ceux où l’on
prend le plus facilement des risques personnels.
La réalisation personnelle passe dans ces
pays, par la prise d’initiatives, alors que
pour les autres elle se définit plutôt
en termes d’acquisition de sécurité.
Les anglo-saxons, issus d’une culture
marchande et de libre échange, sont caractérisés
par un faible contrôle de l’incertitude
et répondent aux descriptions suivantes:
• peu de stress, incertitude acceptée,
inhérente à la vie;
• travailler dur n’est pas une vertu
en soi;
• conflits et compétitions ne constituent
pas des menaces, au contraire !
• ce qui est différent est curieux;
• capacité à prendre des risques;
• il doit y avoir le moins de règles
possibles;
• motivation par le besoin de réussir
autant que d’estime ou d’appartenance;
Les latins, issus d’une culture
monarchique et catholique sont caractérisés
par un fort contrôle de l’incertitude
et répondent aux descriptions suivantes
:
• stress important, sentiment subjectif
d’anxiété;
• nécessité intérieure
de travailler dur;
• on peut exprimer ses émotions et
son agressivité mais à bon escient;
• conflits et compétitions conduisent
à des situations imprévisibles et
donc indésirables;
• ce qui est différent est dangereux;
• les règles sont nécessaire
même si elles sont inefficaces;
• motivation par le besoin de sécurité
autant que d ’estime et d ’appartenance.
Geert HOFSTEDE*
Hollandais, né en 1928, professeur d’anthropologie
des organisations et de management international
à l’Université de Limburg
à Maastricht (Pays-Bas) et Directeur de
l’Institut de Recherche sur la Coopération
Interculturelle (IRIC) de l’Université
de Tilburg. Il a réalisé de nombreuses
recherches dans le domaine des cultures nationales
et des organisations. |
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