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Comment démystifier la faillite pour oser entreprendre ?

 
« Il a fait faillite » : l’annonce sonne comme un glas pour l’entrepreneur dont la société à rendu les armes. En Wallonie, par exemple, la peur de la faillite est un des principaux freins à l’esprit d’entreprise.
« Faillite », ce mot génère en effet bien des craintes, rationnelles, évidemment mais pas toujours. Quand la situation de l’entreprise commence à s’envenimer, il est pourtant nécessaire de garder la tête froide et d’examiner un à un les paramètres à risque.
Voici les principales causes de fermeture d’entreprise, version psy et version statistique.
La faillite version psy,
D’un point de vue humain, les comportements menant à l’échec sont nombreux. Citons les plus dommageables :
• la difficulté à se remettre en question quand les difficultés apparaissent ;
• une tendance à la victimisation qui empêche de s’attaquer aux vraies causes des problèmes ;
• une propension à la fuite en avant façon « tête dans le sable » ;
• une dégradation de l’hygiène de vie préjudiciable à la faculté de raisonner clairement ;
• une mauvaise gestion des conflits relationnels menant à la rupture ;
• le manque d'implication dans l'entreprise : se contenter de ronronner quand le marché exige des volte faces immédiates ;
• le mauvais management dont le plus grand défaut consiste pour un entrepreneur se croire entouré de « clônes », devant agir et raisonner comme lui.
Pour éviter tout angélisme, il est important de noter qu’au niveau humain, l’expérience positive d’un échec n’est réelle et valable que dans le cas où les responsabilités de la faillite sont assumées et recyclées en nouvelles habitudes par l’entrepreneur.

La faillite version statistique
D’un point de vue technique, si l’on en croit les experts, la plupart des faillites sont occasionnées à la fois par un capital insuffisant, une incompétence en matière de gestion, la conjoncture économique et la fraude. La malveillance n’apparaît que lorsque la situation est sans issue.

• La mauvaise gestion est la plus citées parmi les causes de faillites : 34% de l’ensemble. Les entrepreneurs démarrent avec une bonne connaissance du produit et de la profession mais pas assez d’expérience en matière d’organisation. On constate notamment une dangereuse négligence en matière de gestion de crédit. Les entrepreneurs dirigent leur entreprise avec l’obsession du chiffre d’affaires, en perdant de vue leur rentabilité.
• La seconde cause de faillite est l’absence de capital suffisant au début de l’activité (20%). Le plus souvent, les entreprises disposent ou empruntent un capital suffisant pour créer leur société mais elles ne tiennent pas compte des coûts d’exploitation inévitables en phase initiale.
• La situation économique est la troisième cause évoquée (19%). La concurrence avec les pays émergents joue un rôle essentiel.
• La fraude semble tout aussi importante. Les entreprises souffrent de pratiques malhonnêtes des clients, des fournisseurs et parfois même des collaborateurs et des cadres. Cet indice peut être un révélateur de management défectueux.
• La faillite planifiée (qui n'est pas une faillite frauduleuse, mais qui consiste à vendre des actifs de l'entreprise quand celle-ci semble se diriger vers une faillite).

« Pourquoi ai-je fait faillite ? »
Le bureau Graydon a mené une enquête de grande ampleur (700 sociétés et 300 entreprises d'une personne). A la question « Pourquoi ai-je fait faillite ? » quelques 64% des entrepreneurs interrogés pointent du doigt les mauvais payeurs. Les retards de paiement provoquent des problèmes de liquidités dans bien des entreprises. La perte ou la faillite d'un gros client est très difficile à compenser. La société doit alors faire face à un manque de capital qui compromet son fonctionnement. Pourtant, le dirigeant de l'entreprise porte également une part de responsabilité: le suivi des clients et l'organisation de la gestion des débiteurs lui incombent », souligne Graydon dans son enquête.
Après le défaut de paiement, la fraude est la deuxième cause avancée par 26 % des « faillis ». Enfin, à partir de quel moment les choses ont commencé à mal tourner ? Résultat : 6% des entreprises répondent que les problèmes ont surgi dans les deux premières années d'activité, 19 % dans la troisième ou quatrième année d'existence et 16 % dans les cinq à six ans. « Au-delà de cette période critique, l'entreprise a de plus grandes chances de survie », conclut Graydon.
Les conclusions de la Commission Européenne vont dans le même sens.
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